Pierre CANGIONI : « On me parle de Téléfoot tous les jours… »

M. Cangioni, vous parle-t-on encore souvent du créateur et du premier présentateur de Téléfoot que vous étiez ?

(enthousiaste) Tous les jours ! Où que ce soit dans tous les pays francophones où je me rends, les gens m’en parlent, m’abordent et me parlent de Téléfoot. Franchement, je ne m’explique pas ce phénomène. On me fait des plaisanteries rémanentes en me sifflant le générique notamment… comme si les gens qui ont aujourd’hui autour de 40 ans s’étaient donnés le mot (rires) ! Dernièrement, un homme m’a dit : « Vous m’avez fait rêver ! » Je lui ai répondu, non, je n’ai fait rêver personne, c’est l’alliance du foot et de la télévision qui est à l’origine de tous vos souvenirs. Tous ces gens ont simplement focalisé sur le présentateur que j’étais…

Et ça vous fait quoi d’être ancré ainsi dans l’imagerie populaire ? Etes-vous fier d’avoir été à l’origine d’une véritable phénomène de société ?

Je ne suis fier de rien et pour tout vous avouer je n’aime pas parler ainsi de moi… J’ai juste fait le forcing, avec Christian Quidet qui est décédé dernièrement, auprès de la chaîne qui m’employait alors, TF1, pour monter cette émission alors que notre patron des sports, Georges De Caunes, était contre. Plus qu’une fierté, c’est une vraie nostalgie. Mais la nostalgie n’est pas bonne conseillère et il ne faut surtout pas croire les gens qui viennent vous voir pour vous dire que vous étiez le meilleur et que ceux d’aujourd’hui ne vous arrivent pas à la cheville. On enjolive toujours ce qui nous vient de l’enfance…

Le samedi soir, vous en avez fait veiller des enfants qui luttaient contre le sommeil et leurs parents pour découvrir les seules images de foot de la semaine !

Pourtant, à une époque où il n’y avait pas de sondage ni de points d’audience en dessous de 16 ans, ma direction ne savait pas qu’il y avait des milliers d’enfants qui nous regardaient. On passait parfois bien au delà de minuit. J’en étais si désolé pour toux ceux qui attendaient que Michel Drucker passe l’antenne et que Columbo en finisse avec ses enquêtes que j’avais même demandé aux techniciens un jour de couper les projecteurs pour ne nous éclairer qu’avec des bougies ! La direction n’avait pas du tout apprécié et m’avait infligé un avertissement. Mais ensuite, Drucker avait été plus ponctuel et on avait récupéré un horaire plus convenable autour des 22h30-23h…

Il est resté aussi et surtout de cette époque un générique culte !

Parce que je savais que cette programmation suscitait des tensions dans les familles, pour coucher les enfants et parce que les femmes regrettaient que leur homme ne veuille pas sortir, j’avais souhaité leur offrir en quelque sorte une récréation. Le générique de début et de fin d’émission avait cet objectif, divertir, pour faire passer la pilule (rires) !

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